Face aux Dettes Impayées, le Tchad Lance une Agence de Recouvrement pour Redresser son Économie


N’Djamena, Tchad – Confronté à une montée fulgurante des créances en souffrance, qui s’élèvent à plus de 300 milliards de FCFA, le Tchad s’apprête à réagir. Le pays prévoit de rendre pleinement opérationnelle sa Société Nationale de Recouvrement des Créances (SNRC) dès 2026. Cette initiative majeure vise à restaurer la marge budgétaire de l’État et à assainir ses finances publiques.


Le Tchad S’Apprête à Mettre en Place une Société de Recouvrement pour Redresser ses Finances Publiques

N’Djamena, Tchad – Dans un contexte de transformation économique et sociale profonde, le Tchad s’apprête à entreprendre une réforme significative de la gestion de ses finances publiques dès 2026. Cette démarche figure parmi les priorités gouvernementales, comme en témoigne la lettre circulaire relative à la préparation et à l’élaboration du projet de loi de finances pour l’exercice 2026, signée le 7 juillet par le président Mahamat Idriss Deby Itno. Le chef de l’État a souligné que les actions du gouvernement, axées sur le soutien au secteur privé et la digitalisation, viseront notamment à rendre opérationnelle la Société Nationale de Recouvrement des Créances (SNRC).


La SNRC : Une Réponse Urgente à l’Explosion des Créances Impayées

Le projet de loi portant création de la SNRC a déjà reçu l’approbation des conseillers de la Nation le 18 octobre 2024 et n’attend plus que les modalités concrètes de sa mise en œuvre. L’instauration de cette entité est jugée indispensable pour le Tchad, face à l’augmentation exponentielle des créances en souffrance. Selon les autorités, l’accumulation de ces dettes impayées freine considérablement le soutien à l’économie via le crédit intérieur. Ces créances ont enregistré une progression de 12,1 % en glissement annuel, atteignant 300,7 milliards de FCFA au 31 décembre 2022.

La Revue de stabilité financière en Afrique centrale, publiée par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), révèle que le Tchad représente ainsi 15,7 % de l’encours total des créances en souffrance dans la région, qui s’élevait à 1 917,9 milliards FCFA fin 2022. La Banque centrale précise que ce montant a quadruplé en une décennie. La mise en place de la SNRC est donc perçue comme un moyen de renforcer la discipline budgétaire, d’optimiser l’utilisation des ressources et d’améliorer le climat des affaires.


Missions et Enjeux de la SNRC

La Société de recouvrement de créances aura pour mission principale de recouvrer les dettes impayées au nom de l’État et d’autres entités. Pour un pays comme le Tchad, la SNRC devrait notamment aider les entreprises à récupérer les créances dues par leurs clients, recouvrer les impôts impayés et assister les entités publiques dans le recouvrement de prêts ou de subventions non remboursés. Cette approche devrait, selon le gouvernement, consolider la discipline budgétaire, optimiser les ressources et dynamiser le climat des affaires.

À titre d’exemple régional, la Société de Recouvrement de Créances (SRC) du Cameroun, créée en 1989, a mobilisé quelque 300 milliards de FCFA en 35 ans. Cette structure publique avait été chargée de gérer un stock de créances estimé à 950 milliards FCFA, suite à la liquidation de plusieurs institutions financières historiques. Il est important de rappeler que les créances en souffrance dans le secteur bancaire désignent les prêts ou crédits non remboursés selon les termes convenus (retards, non-paiement, défaut). Elles sont qualifiées de « douteuses » lorsqu’elles présentent un risque de non-paiement et de « compromises » lorsqu’elles sont considérées comme irrécouvrables.

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