l’ADERM accélère l’électrification rurale par le solaire et les centrales hybrides

N’Djaména, juillet 2025 – Face au défi persistant de l’accès à l’électricité dans les zones rurales, le gouvernement tchadien, à travers l’Agence pour le Développement de l’Électrification Rurale et la Maîtrise de l’Énergie (ADERM), multiplie les initiatives pour démocratiser l’énergie en s’appuyant sur les énergies renouvelables. À travers des projets innovants, des partenariats techniques et un calendrier ambitieux, l’ADERM entend impulser une nouvelle ère énergétique au service du développement rural.

Un contexte de fracture énergétique

Au Tchad, moins de 10 % de la population rurale a accès à l’électricité, selon les données de la Banque mondiale. Une situation qui freine le développement économique, limite l’accès aux services sociaux de base et renforce les inégalités territoriales. L’ADERM, créée pour répondre à ce déficit structurel, a redéfini sa stratégie depuis 2023 en misant sur un mix énergétique dominé par le solaire, couplé à des solutions hybrides pour garantir la continuité de service.

Des centrales hybrides en expansion

Guereda : une première historique pour le Wadi Fira

En janvier 2025, l’ADERM a inauguré une centrale hybride solaire/thermique de 1,08 MW dans la ville de Guereda, dans la province du Wadi Fira. Cette infrastructure, dotée d’un système de stockage de près de 3,9 MWh, alimente désormais environ 16 000 habitants, permettant à la ville d’avoir de l’électricité 24h/24 pour la première fois. Le projet marque une rupture avec les groupes électrogènes intermittents et polluants autrefois utilisés.

Am-Zoer : plus de 45 000 bénéficiaires

Le 22 mai 2025, une autre centrale hybride, de 2,5 MW, a été mise en service à Am-Zoer, toujours dans le Wadi Fira. Ce projet, le plus important jamais construit dans la région, bénéficie à plus de 45 000 personnes. Il illustre la volonté de l’ADERM de concentrer ses efforts sur les zones historiquement délaissées en matière d’infrastructure énergétique.

Guelendeng : réhabilitation d’une microcentrale solaire

Dans le Mayo-Kebbi Est, la microcentrale solaire de Guelendeng a été totalement réhabilitée en avril 2025. Avec une capacité de 120 kWc, couplée à un système de batteries de 150 kWh, l’installation fournit une alimentation électrique stable à des bâtiments administratifs, écoles, structures de santé et petites entreprises locales.

Un programme national en gestation : 100 mini-centrales d’ici 2027

L’ADERM, en coordination avec l’Autorité de Régulation du Secteur de l’Énergie (ARSE) et le ministère en charge de l’Énergie, pilote actuellement un programme de construction de 100 mini-centrales solaires rurales sur une période de 18 à 24 mois. Ces projets bénéficieront d’un financement public et visent à couvrir les besoins énergétiques de plusieurs dizaines de milliers de foyers en zones enclavées.

Pour structurer le processus, un comité tripartite a été mis en place afin d’assurer la transparence, la planification technique et le suivi de l’exécution. La priorité sera donnée aux zones à fort potentiel économique, mais sans infrastructure électrique préalable.

Un impact multiple au service du développement

Au-delà de l’accès à l’énergie, les projets portés par l’ADERM ont un impact transversal :

  • Éducation : les écoles rurales peuvent fonctionner en soirée, améliorer la qualité de l’apprentissage et attirer des enseignants qualifiés.
  • Santé : les centres de soins sont désormais alimentés en continu, permettant la conservation des vaccins, la stérilisation des instruments et l’éclairage des salles d’opération.
  • Économie locale : des artisans, commerçants et petites PME peuvent lancer ou étendre leurs activités grâce à une source énergétique fiable.
  • Environnement : les centrales solaires réduisent significativement l’usage des générateurs au diesel, contribuant à la réduction des émissions de CO₂.

Les défis qui persistent

Si les avancées sont réelles, plusieurs défis structurels freinent encore le déploiement à grande échelle de l’électrification rurale :

  • Le coût d’investissement élevé des équipements solaires et des systèmes de stockage.
  • La formation des techniciens locaux, indispensable pour assurer la maintenance et la durabilité des infrastructures.
  • La gestion post-projet, notamment en matière de recouvrement des coûts et de gouvernance communautaire des installations.

Avec une vision claire, un portefeuille de projets en expansion et des résultats déjà visibles sur le terrain, l’ADERM incarne aujourd’hui l’un des leviers les plus crédibles de la transition énergétique au Tchad. Dans un pays où le fossé énergétique entre zones urbaines et rurales reste béant, ces initiatives ouvrent des perspectives nouvelles, plaçant l’énergie au cœur du développement humain, économique et environnemental.

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